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Comment le Coran nous est-il parvenu transcrit et récité ? (partie 1) Version imprimable Suggérer par mail
19-06-2007
Cheikh Dr. Aymen RochdiCet article est un essai de traduction en langue française de la conférence faite par l'eminent savant Cheikh Dr. Aymen Rochdi Sowayd sur le thème : "Comment le Coran nous est-il parvenu transcrit et récité? " -Partie 1- . 

 
Louange à Allah, Seigneur des Mondes. La prière et le salut d’Allah soit sur notre Maître et Prophète Mohammad (صلى الله عليه و سلم), maître des Premiers et Derniers ainsi que sur Sa famille et tous Ses compagnons. Gloire à Toi Allah ! Nous n’avons de savoir que ce que Tu nous a appris. Certes, c’est Toi l’Omniscient, le Sage. [Ô Seigneur donne nous l’accès à la science comme Tu l’as accordé aux gens du Savoir et donne nous la compréhension des Prophètes et la sincérité des Hommes de convictions, la compagnie des pieux, l’accès à la foi authentique que tout bien nous soit profitable, être à l’abri de tout péché, et de mériter Ta Miséricorde. Car Tu es, Ô Notre Maître, certes Audient, Prompt à exaucer nos invocations. Allah Le Glorieux a envoyé notre maître (صلى الله عليه و سلم)  il y a plus de quatorze siècles et a fait descendre sur lui le livre dernier, le Noble Coran. Et ce livre qu’Allah a fait descendre à cette époque est toujours entre nos mains aujourd’hui parfaitement entier, grâce à Allah. C’est notre conviction, nous autres musulmans. Avons-nous bâti cette conviction sur une illusion ? Ou alors l’avons-nous bâti sur un esprit de clan ? Ou sur allégation non fondées ? Ou alors l’avons-nous bâti sur une vérité palpable, grâce à Allah ?
 
C’est ce qu’on va essayer de mettre en lumière à travers cette conférence. Nous demandons à Allah d’être objectif dans l’exposé de ce sujet, loin de tout chauvinisme, toute partialité ou de propos infondés.
 
Avant tout, nous devons définir proprement le Coran, car toute chose possède une définition : qu’est ce que le Coran ?
Nos savants - qu’Allah les récompense- ont donné cette définition du Coran :
"  Le Coran est la Parole d’Allah le Très-Haut, descendu sur le cœur de notre Messager Mohammad  (صلى الله عليه و سلم) , dont la lecture est adoration, transcrit sur un support appelé Moushaf, dont le plus petit chapitre (sourate) constitue un défi, qui nous est transmis par voie de tawâtour ". Cette définition confère au Coran des aspects tout à fait exclusifs , que nous allons détailler.
 
 
Quelle exclusivité fait-on en parlant de la " Parole d’Allah" ?

On a exclu toute parole autre que celle d’Allah. En effet, le Coran n’est pas la parole de Gabriel (Gibrîl), ni celle de Mohammad  (صلى الله عليه و سلم) , ni celle de Abou Bakr ou Omar, ni d’aucun être humain ou d’aucun ange. Il s’agit exclusivement de la Parole d’Allah.
 
L’exclusivité dans l’expression : "Parole descendue sur le Cœur du Prophète" :
Cette expression exclue tous les livres qu’Allah a fait descendre (qui sont donc aussi la Parole d’Allah) descendues sur d’autres Prophètes à l’instar de la Torah, descendue sur Moïse (Moussa), l’Evangile descendue sur Jésus (‘Issa), les Psaumes qu’Allah a donné à David (Daoud), les feuillets de Abraham (Ibrahim) (Paix sur eux tous). [18. Ceci se trouve, certes, dans les Feuilles anciennes,  19. les Feuilles d’Abraham et de Moïse.] (Sourate Le Très Haut 87)

L’exclusivité dans l’expression : "Sa lecture constitue une adoration" :
On exclu par là, les Ahadiths Qudusi commençant en général par : Allah dit, Allah a dit comme le hadith : (Ô Mes serviteurs! Je Me suis interdit l’injustice et Je vous déclare que Je vous l’interdis. Ne soyez donc pas injustes les uns envers les autres).

La lecture de ce hadith ne constitue pas une adoration canonique au même titre que la lecture du Coran. L’essence de ce hadîth provient d’une révélation divine [au Prophète (صلى الله عليه و سلم) ] mais sa formulation est du Prophète.Quant au Coran, son essence et sa formulation proviennent toutes les deux d’Allah - Exalté soit-Il.
 
Le sens de l’expression "La Parole transcrite dans un support appelé moushaf" :
Nous l’aborderons, dans le détail dans les paragraphes qui vont suivre in châ Allah.
 
Le sens de l’expression "Le Livre qui constitue un défit de par sa plus petite sourate" :
Les Prophètes qu’Allah, Le Très-Haut, a envoyés et les Messagers ne sont que des êtres humains comme nous. Chacun d’entre eux disait à son peuple :
« Je suis envoyé par Allah, Il m’a ordonné que je vous expose Ses ordres et interdits. » On lui répondait : quelle est la preuve de ce que tu prétends ?

Pour cette raison, Allah- Exalté soit-Il- a doté chaque Prophète d’un miracle qui prouve sa véracité, constituant un défi sur mesure spécifique à sa communauté. Ces miracles ont disparu avec leurs Prophètes, excepté celui de notre Prophète (صلى الله عليه و سلم)  en l’occurrence le Coran. Ce miracle demeure encore aujourd’hui et perdurera jusque la fin des temps.
Ainsi, Moïse (Moussa) a fendu la mer, transformé son bâton en serpent. De même, Jésus (‘Issa) a ressuscité les morts et guéri les malades. Mais tout ceci constitue une époque révolue et bien loin, et nous n’héritons que de récits.

Si donc, on nous pose la question : quelle est la preuve qui atteste que Mohammad (صلى الله عليه و سلم)  est envoyé par Allah? On répondra alors : ce livre ! Nous ne répondrons pas qu’il a fait telle ou telle chose extraordinaire il y a quatorze siècles. Nous dirons simplement que la preuve est ce livre : "prenez-le et lisez-le !".

En effet, son miracle demeure parmi nous, un défi pour le monde entier. Il constitue la preuve de la véracité de Mohammad (صلى الله عليه و سلم). Qui donc recherche la vérité lise ! Quant aux passionnés, ils ne font tort qu’à eux-mêmes, à celui qui suit ses passions en premier lieu puis aux aveuglés en second lieu.
 
Le sens de l’expression : "Celui qui nous est relayé par le biais d’une transmission sûre : tawâtour" :
Quant au sens du terme "tawâtour", il renvoie au plus haut degré de transmission d’une information.

Exemple :
J’entends une nouvelle de mon collègue, me rapportant qu’untel est mort.
Je prends note puis me tourne vers mon frère en lui relayant l’information. Cette information est dite "unipolaire" (unique maillon de la chaîne de transmission, ne compte qu’une personne). Ceci dit, je dois prendre l’information avec prudence pouvant ressentir une réticence suivant que les transmetteurs soient des menteurs, ou aient été désabusés.

En effet, ce mode de transmission a un certain degré de crédibilité. Cette dernière est optimale lorsque les maillons transmetteurs sont constitués d’un nombre important de personnes qui ne peuvent s’accorder autour d’un mensonge.
Ainsi, même si la majorité d’entre nous n’a jamais visité Pékin, nous sommes tous certains qu’il y a une ville de ce nom en Chine. La raison en est que d’innombrables personnes attestent de l’existence de cette ville en Chine, à travers l’histoire, leurs connaissances, les divers modes de communication….
Ce mode de transmission s’appelle le "tawâtour" : l’information provient d’un nombre important de personnes, auxquels il est impensable d’attribuer le mensonge.

Le Noble Coran nous a été transmis du Messager d’Allah (صلى الله عليه و سلم)  par ce procédé. Les rapporteurs sont ici la génération des Compagnons puis celle de leurs successeurs dont le nombre empêche toute falsification du texte Coranique. Puis les successeurs des successeurs l’ont rapportés aux générations suivantes toujours avec un nombre important de transmetteurs ainsi de suite jusqu’à nos jours, où le Coran est relayé à une tranche de notre communauté appelés "qorâ", qui sont toujours parmi nous et qui ont consacré une partie de leur vie dans l’apprentissage du Coran, à la lettre, du début à sa fin avec une prononciation fidèle et exacte - ‘La Labsa Fîh ‘ – ‘sans confusion’, sans la moindre ambiguïté.

Prenons l’exemple d’une copie qu’on imprime dans un scanner. Il va sans dire qu’on obtiendra 100 % de conformité.
C’est ainsi que les "qorâ"  de la génération contemporaine ont reçu le Coran de leurs maîtres, à la lettre près, de la part du Prophète (صلى الله عليه و سلم).
C’est ce qu’on doit entendre par  «القرّاء» - qorâ - et non pas ce qu’on attribue fâcheusement dans certains pays arabes et musulmans à des « lecteurs d’occasion » (cérémonie funéraire, fêtes) qui se dandinent pendant la lecture. On les appelle « الصيّتين » - sayyitîn -en Egypte, c'est-à-dire connus uniquement pour leurs voix à la lecture du Coran.
En revanche, "al qorâ" renvoie à une catégorie de savants chargés de la préservation du Coran à l’instar des savants du Fiqh (Fouqahâ) et du hadîth (mouhaddithîn) qui sont respectivement les "gardes fous" du Fiqh et du hadith. De ce fait, nul ne risque de porter atteinte à l’authenticité du texte sacré : le Coran.

Revenons au sens de l’expression « descendu sur le cœur du Prophète  ».Vous noterez que nous n’avons pas écrit "sur son ouïe".
Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) est un Homme au même titre que nous, mais il se distingue dans la manière de recevoir la Révélation. Pour devenir « mouqri » on apprend le Coran de la bouche de nos savants : ils récitent et l’on écoute. Puis ils prêtent l’oreille et à nous de répéter. Par contre, le Prophète   ne l’a pas reçu de Gabriel (Gibrîl) de cette façon : [ Et l'Esprit fidèle est descendu avec cela 194. Sur ton coeur, pour que tu sois du nombre des avertisseurs ] [S26-V193/194].
[ Dis : "Quiconque est ennemi de Gabriel doit connaître que c'est lui qui, avec la permission d'Allah, a fait descendre sur ton coeur cette révélation qui déclare véridiques les messages antérieurs et qui sert aux croyants de guide et d'heureuse annonce". ] [S2-V97]

Allah le Très-Haut ne dit pas "oralement". En effet, la communication d’un être humain avec un ange est une chose intense et hors du commun.
Comme il est rapporté dans le hadîth : on pouvait voir le Prophète   transpirer par temps froid lorsque Gabriel descendait, en raison de l’aspect intense de la Révélation. Allah le Très-Haut dit [ Nous allons te révéler des paroles lourdes (très importantes). ] [S73-V5]
On rapporte , en l’occurrence, que Gabriel descendu avec la Révélation alors que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) reposait son tête bénie sur la cuisse de son épouse Aicha (رضي الله عنها) : "J’ai eu l’impression que ma cuisse allait se couper du fait de la lourdeur de la Révélation".
Il s’agit d’une rencontre qui a lieu entre deux créatures de deux mondes totalement différents. Le Prophète est un être humain doté d’une âme et d’un corps, mais l’ange Gabriel est une âme sans corps et de surcroît une âme d’exception (l’Archange Gabriel). Allah l’a cité en particulier le distinguant du reste des anges dans le verset :
[ Durant celle-ci descendent les Anges ainsi que l’Esprit, par permission de leur Seigneur pour tout ordre ].
Le Prophète l’a vu dans sa véritable apparence, il l’a vu occuper tout l’horizon avec 600 ailes.
 
Cet ange éminent recevait le Coran directement d’Allah. Afin de le descendre sur le cœur du Prophète, Allah a "sécurisé" le chemin  contre les démons, ces derniers redoublant d’effort pour éloigner les Hommes de la Guidée divine, leur préférant plutôt l’égarement pour rejoindre  Satan – le maudit -  en Enfer. Aussi faut-il rappeler que Satan a juré et fait serment de tout faire pour nous séduire et nous égarer comme le dit Allah dans le verset : "Par Ta puissance! dit (Satan). Je les séduirai assurément tous, sauf Tes serviteurs élus parmi eux".

C’est pour cette raison qu’Allah a scellé les portes du Ciel aux démons, pour laisser traverser la Révélation depuis la demeure Divine jusqu’au bas Ciel  lors de la nuit du mérite (ou la nuit du destin).
Ensuite, le Coran a continué de descendre pendant 23 ans avec une cadence liée aux évènements et au besoin.
 Le Coran a donc connu deux descentes : la première était du septième Ciel, de la tablette sauvegardée au bas Ciel (durant la nuit du mérite). Et la deuxième était relative aux faits et aux événements (23 ans durant).  
Cette dernière a commencé par la descente du verset : " Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé"  et terminé par le verset "Et craignez le jour où vous serez ramenés vers Allah. Alors chaque âme sera pleinement rétribuée de ce qu'elle aura acquis. Et ils ne seront point lésés".
 
Notons que le premier verset révélé est dans le dernier chapitre alors que le dernier est au début du Coran !!
A-t-on déjà entendu parlé d’un livre dont l’élaboration a commencé par le dernier chapitre, achevé par le premier et que le {siecle}20{/siecle} a été écrit avant le {siecle}6{/siecle} ?!!

Certes le Coran est miraculeux dans tous ses aspects, car il ne s’agit pas d’une parole humaine mais de la Parole du Seigneur des mondes qui diffère sur tous les plans de celle de l’Homme.
Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) recevait le Coran en terme et en sens, puis enseignait ce qu’Allah lui ordonnait d’enseigner :
"Ô Messager, transmets ce qui t'a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le faisais pas, alors tu n'aurais pas communiqué Son message. Et Allah te protègera des gens. Certes, Allah ne guide pas les gens mécréants."
 
 
Mais comment le Prophète a transmis le noble Coran à la communauté ?

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a transmis le Coran de deux façons : la première est une transmission scripturaire, et la deuxième orale.
Pour ce qui est de l’écrit, dès que le Messager (صلى الله عليه و سلم) recevait une partie du Coran, il faisait venir sur le champ  quelques uns des scribes de la révélation, des compagnons parmi les peu nombreux qui maîtrisaient l’écriture à l’époque. Leur nombre variait entre deux et cinq selon leur disponibilité. Puis il leur dictait les versets révélés.
Quant à l’oral, comme évoqué précédemment, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) récitait aux Compagnons qui lui prêtaient une oreille attentive. Ces derniers répétaient alors et le Prophète (صلى الله عليه و سلم) apportait éventuellement des corrections avant d’approuver l’authenticité de leur récitation.
Quels admirables attention, soin et rigueur, que ceux  portés au texte afin qu’il parvienne intact, indemne et authentique !!!

Nous  étudierons dans la suite comment le Messager d’Allah (صلى الله عليه و سلم) a transmis le texte écrit du Coran, et comment a t’il traversé 1400 ans d’histoire pour nous parvenir?

 
Les étapes de la transcription du Saint Coran :
 
Première étape :

Comme déjà évoqué, des  scribes ont transcrit des parties séparées du Coran qui venaient aussitôt d’être révélées. Il faut souligner que cela se passait en présence du Prophète (صلى الله عليه و سلم) et aussi de l’Archange Gabriel qui corrigeait  la moindre erreur.

A cet égard Allah Le Très Haut dit : "Et s'il avait forgé quelques paroles qu'ils Nous avait attribuées, Nous l'aurions saisi de la main droite, ensuite, Nous lui aurions tranché l'aorte".
Cela signifie que l’éventualité de la moindre modification du plus petit élément du texte sacré aurait trouvé un arrêt divin impérieux.
Les savants ont divergé sur le sens exact de  « الوتين» - al watîn -  dans le verset « Nous lui aurions tranché l'aorte »  néanmoins ils ont tous dit que c’est une vaine dont l’incision entraîne une mort immédiate ! En effet le Coran est protégé sur terre tout comme il l’était dans le ciel.

Bien que le Prophète Mohammad (صلى الله عليه و سلم) était illettré ; ne sachant ni lire ni écrire ; la transcription du Coran fut corroborée par la présence de l’ange Gabriel. Ce dernier assistait en effet à la transcription. Par ailleurs, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) était illettré  d’un point de vue strictement humain et non dans une dimension qui le liait à Allah comme dit dans le verset : " …..et t'a enseigné ce que tu ne savais pas. Et la grâce d'Allah sur toi est immense. " 
Et dans un autre verset : "Allah a très certainement fait une faveur aux croyants lorsqu' Il a envoyé chez eux un messager de parmi eux-mêmes, qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse …".
En effet, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) enseigne au moment où il transmet et ce en  présence de l’ange Gabriel.
C’était ainsi  la transcription du Coran dans sa première étape.

La deuxième étape :


Lors des combats contres les apostasiés, durant le califat de  Abû Bakr As-siddiq (رضي الله عنه) les qurâ figuraient parmi les premiers rangs à défendre l’Islam, au point que beaucoup trouvèrent la mort. Omar Ibn Al Khattab (رضي الله عنه)  redouta qu’une partie des parties transcrites ne disparaissent aussi.
Les parties transcrites originales avaient différents supports : ardoise en pierre blanche, peau de gazelle, feuilles de palmier…ce qui facilitait leur circulation entre les gens pour en faire des copies. Cependant l’aspect sacré des originales demeure particulier car ces dernières ont été faites sous une surveillance divine et en présence du Prophète (صلى الله عليه و سلم) qui leur donnait amendement. Par contre la conformité des copies reste fragile à cause du manque de surveillance.
Omar proposa au khalife Abû Bakr de compiler le Coran et de le consigner entièrement par écrit, mais Abû Bakr (رضي الله عنه) n’ osait faire ce que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) ne fut point. Toutefois, Omar était convaincu qu’il s’agissait "d’un bien" ne cessant de lui montrer les dimensions du projet et ses horizons jusqu'à ce que Abû Bakr fut convaincu.  Ils (Abû Bakr et Omar) firent venir un des scribes du Coran, Zayd ibn Thâbit, un jeune Compagnon ansarite qui avait la connaissance de - l’ultime récitation – une récitation qui eu lieu l’année de la mort du Prophète (صلى الله عليه و سلم). À propos de cette récitation, le Prophète (صلى الله عليه و سلم)  dit à Aicha  "Ô Aicha l’ange Gabriel me faisait réciter le Coran une fois par an et il l’a fait deux fois cette année, et je ne peux interpréter cela que par l’annonce de mon heur".

Zayd ibn Thâbit avait donc la  connaissance de cette dernière révision du Coran.  Abû Bakr s’adressa à lui en ces termes : " tu es un jeune pieux, irréprochable, tu transcrivais la révélation au Prophète (صلى الله عليه و سلم), on te demande alors d’être à la quête du Coran, pour le recueillir". Mais Zayd eut la même réaction qu’Abû Bakr : "Comment  pouvez-vous faire ce que le Prophète n’a pas fait ?". Notons au passage, cet attachement fort des Compagnons au Prophète (صلى الله عليه و سلم).
Abû Bakr reprit les arguments de Omar  qui finirent par convaincre également Zayd mais en objectant toutefois qu’il lui aurait été plus aisé de "déplacer une  montagne que de s’acquitter de cette responsabilité". Il  accepta donc la mission, et rappellera plus tard qu’il a "été à la quête du Coran".

Notons qu’afin d’atteindre cet objectif, l’on suivit une  méthode scientifique très rigoureuse, dont nous nous félicitons aujourd’hui devant le monde entier. Et nous  disons particulièrement à ceux qui parlent de la méthodologie et de l’étude objective : regardez la splendeur de ce que les Compagnons du Prophète ont fait il y a 1400 ans et vous apprendrez ce qu’est la méthodologie !

Sur ordre de Abû Bakr, Zayd lança un appel aux gens : "que celui qui possède quoi que ce soit de ce qu’il a été transcrit  en présence du Prophète qu’il me le ramène !".
Lorsqu’un Compagnon se présentait avec une partie, affirmant qu’elle a été transcrite en présence du Prophète (صلى الله عليه و سلم), Zayd exigeait systématiquement le témoignage de deux Compagnons, condition sine qua non  pour l’amendement.
Comme évoqué plus haut, le nombre des scribes pouvait osciller entre deux et cinq, ce qui pouvait décliner les versets en trois, quatre ou cinq exemplaires. Il est  donc impossible, en ce basant sur cette rigueur implacable d’avoir une interruption ou une rupture dans la parole divine. Aussi, lorsque Zayd rejette un exemplaire, cela signifie  qu’il en a d’autre(s) réunissant les conditions exigées (témoins…)  , sans oublier la dominance céleste sur le sujet comme l’affirme clairement le verset : [ En vérité c'est Nous qui avons fait descendre le Coran, et c'est Nous qui en sommes gardien ].

Zayd affirme qu’il a compilé tout le Coran, à partir de transcriptions toutes originelles  selon cette rigueur et exigence à l’exception de deux versets qui étaient en possession du grand Compagnon  Khouzayma ibn Thâbit. Or ce dernier ne disposait pas d’autre témoin. Mais il faut savoir que Khouzayma a une histoire.
Le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) avait acheté une fois un cheval à un bédouin et pour le payer il  lui demanda de le suivre,  et le Prophète (صلى الله عليه و سلم) faisait vite lorsqu’il marchait  mais le bédouin était lent derrière lui à tel point que la distance entre les deux devenait grande. À ce moment, des gens ont proposé au bédouin de lui acheter ce cheval n’étant pas au courant de la transaction conclue avec  le Prophète (صلى الله عليه و سلم). Le  bédouin accepta leur proposition lorsqu’ils lui ont proposé un prix plus élevé, alors qu’il venait de conclure la vente avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم) !

Il alla vers le Prophète (صلى الله عليه و سلم) et lui dit :
"Veux-tu acheter le cheval ou que je le vende à autre que toi ?  
-    Mais je viens de te l’acheter ! lui dit le Prophète (صلى الله عليه و سلم)
-    Non, par Allah tu ne l’as pas acheté ! As-tu un témoin (pour prouver ce que tu avances) ?". Il y avait parmi les présents Khouzayma Ibn Thâbit et un certain nombre de Compagnons. Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) leur expliqua qu’il a acheté au Bédouin le cheval et "il demande à présent si je dispose de témoins pour le prouver. Y’a-t-il parmi vous quelqu’un qui est en mesure de témoigner ?". Or ses Compagnons ont apprit de lui «   », alors qu’ils n’ont guère assisté à la transaction. Ils n’étaient donc pas en mesure de témoigner.
Mais Khouzayma Ibn Thâbit (رضي الله عنه) fut à cet instant doté d’une sagacité renversante. Il s’exclama "Moi, je peux témoigner, Ô Messager d’Allah !". Puis, se retournant vers le bédouin, rétorqua à ce dernier : "Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) t’a effectivement acheté le cheval et j’en témoigne". Le bédouin eut alors honte et reconnu la transaction. Il prit alors le prix et s’en alla. Sur ces entrefaites, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) se tourna vers Khouzayma Ibn Thâbit (رضي الله عنه) et lui demanda :
-    "Ô Khouzayma ! M’as-tu vu lorsque j’ai acheté le cheval ?
-    Non Ô Messager d’Allah !". Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) en fut encore plus surpris et lui demanda comment a t’il pu alors témoigner ?
 - "Nous ne relevons pas de ton rang  Ô Messager d’Allah !"
L’information te vient du ciel et nous la corroborons. Ne ferions-nous pas de même pour celle qui concerne ce bas monde ? Tu dis Gabriel est venu à moi et nous le soutenons, tu dis la Révélation m’est venue et nous le soutenons, tu dis j’ai acheté le cheval et nous dirions que nous ne savons pas ? De quelle vertu ?".
Avons-nous déjà vu une telle clairvoyance ? Nous demandons à Allah Le Très Haut la promptitude et la pénétration de l’esprit. Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) fut ravi de la réponse de Khouzayma et le gratifia d’une distinction prophétique. Il dit : "Celui auquel Khouzayma apporte son témoignage lui suffit". Cette marque était en fait latente chez Khouzayma et fut employée salutairement au moment opportun.

A l’exemple de cet honneur, Zayd, alors qu’il se chargeait du rassemblement des versets du Coran s’adressa à Khouzayma au sujet de deux versets   en lui demandant au premier abord deux témoins afin de s’assurer que ces versets furent bien écrits et recueillis d’entre les mains du Prophète (صلى الله عليه و سلم). Puis, se souvenant de cette anecdote, Zayd les considéra comme tel de la part de Khouzayma, son témoignage comptant pour celui de deux hommes.

Pour lors, l’intégralité du Coran fut rassemblé par Zayd sur le témoignage de deux Compagnons par verset, chacun ayant été recueillit de la main du Prophète (صلى الله عليه و سلم).
Qu’a donc fait Zayd après cela ? Il se chargea de la seconde partie du travail qui consistait à consigner le tout dans le moushaf, l’unique livre et registre destiné à la compilation de tous les versets et chapitres – suwar  –  du Coran comme il fut reçu du Prophète (صلى الله عليه و سلم). Tout ceci eut lieu durant le califat de Abû Bakr As-Siddiq (رضي الله عنه).
Zayd fit la réunification des versets  sans y adjoindre quoique ce soit. En d’autres termes, il répétait l’écriture synoptique, ou transvasement scripturaire  du Coran comme il lui appartient, sans immixtion dans le Texte Sacré. Il n’ajouta ni ne retrancha aucune lettre. En effet, il ne seyait pas à Zayd de forger ou de fabuler à propos du Coran. L’entièreté de ce qu’on voit aujourd’hui dans le moushaf est l’état textuel du Coran tel qu’il fut révélé au Prophète (صلى الله عليه و سلم). Par exemple, le mot "AS-Salât"  fut écrit    dans tout le moushaf. De même, le mot "Main"    est orthographié dans le verset  de cette façon …etc.

Un moushaf entier compilant versets – âyât –  et suwar selon la présentation qui fut en définitive exposée à Gabriel par le Prophète (صلى الله عليه و سلم). Zayd en était convaincu. Ces feuilles devaient donc naturellement rester en l’état à lors du califat de Abou Bakr AS-Siddîq (رضي الله عنه).
Puis vint au tour d’Abû Bakr de rejoindre le Compagnon Très Haut. Ces feuilles fut alors relayées à Omar Ibn al KhaTTâb (رضي الله عنه), le calife successeur et restèrent en sa possession dix années durant, et furent retransmises après son martyr à sa fille HafSa, mère des croyants et épouse du Prophète (صلى الله عليه و سلم).
Puis lorsque Othman Ibn Affân devint calife des musulmans, ce dernier connu pour sa délicatesse et sa pudeur n’osa pas demander à HafSa le moushaf  qui était alors en sa possession . Il accorda une confiance sereine à la fille de Omar, l’épouse du Prophète (صلى الله عليه و سلم). Le moushaf fut abandonné aux mains d’une personne dont la sincérité et la confiance étaient indéfectibles.

Lors du califat de Othman, l’Islam s’étendu jusqu’en Russie . Deux puissantes armées musulmanes conjuguèrent leur force :
-    Les troupes anciennes d’Irak, dont la lecture coranique était celle de Abdullah Ibn Mas’ûd (رضي الله عنه)
-    Les troupes anciennes du Châm, dont la lecture coranique était celle de Abû Ad-dardâ`  (رضي الله عنه)
Chaque escadron pu entendre la lecture de l’autre.
Un soldat récita [...وَأَتِمُّواْ الْحَجَّ وَالْعُمْرَةَ لِلبيتِ ], auquel il lui fut objecté « Non ! C’est plutôt  [...وَأَتِمُّواْ الْحَجَّ وَالْعُمْرَةَ لِلّهِ ]".
Ils se dérobaient ainsi la parole et se disputèrent, au point qu’ils faillirent s’entretuer. Cela prit une ampleur importante. Un noble Compagnon était alors présent, un confident  du Prophète (صلى الله عليه و سلم) à propos des noms des hypocrites. Il s’agissait de Hudheifah Ibn al Yamân (رضي الله عنه).
L’auteur de la parole "Les gens questionnaient le Prophète (صلى الله عليه و سلم) à propos du bien, tandis que je le questionnais à propos du mal, craignant le qu’il ne me touche". Hudheifah Ibn al Yamân (رضي الله عنه) était parmi les Compagnons dotés d’une extra lucidité et d’une clairvoyance manifeste.  Ce dernier, redoutant que l’affaire ne prenne plus d’envergure, il abandonna la querelle qui venait d’éclater entre les deux soldats et retourna à Médine voir le calife Othman Ibn Affân (رضي الله عنه).
Il lui demanda de prendre conscience de cet état de fait (divergence des lectures) et de réagir rapidement avant que les Musulmans ne se divisent au sujet de leur Livre comme l’ont fait les Juifs et les Chrétiens. Il lui exposa naturellement ce qui fut arrivé entre les deux soldats. Othman s’imagina alors que les Musulmans disposaient de deux textes coraniques : l’un sûr et l’autre équivoque. Il voulu donc que les Musulmans retournent à la version authentique et sûre.
Si l’on dit d’un côté [وَأَتِمُّواْ الْحَجَّ وَالْعُمْرَةَ لِلبيت] et de l’autre [وَأَتِمُّواْ الْحَجَّ وَالْعُمْرَةَ لِله], qui donc est alors en possession du texte authentique ?  
Il faut donc revenir au texte originel, celui qui fut retranscrit et reçu de la main du Prophète (صلى الله عليه و سلم). Il était clair que pour l’exemple donné, ce qui était écrit dans le texte source était [وَأَتِمُّواْ الْحَجَّ وَالْعُمْرَةَ لِلهّ]  et non [وَأَتِمُّواْ الْحَجَّ وَالْعُمْرَةَ لِلبيت]. La deuxième lecture était donc ici  une lecture apocryphe. Mais ce problème fut résolu à l’échelle d’un individu, comment donc opérer sur toute la communauté ?

Allah a inspiré à Othman (à propos duquel le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit entre autres "Accrochez vous à ma sunnah  ainsi qu’à la  sunnah des califes bien guidés. Mordez vous y de vos molaires" ) de faire appel à Zayd Ibn Thabet (رضي الله عنه), scribe du Prophète (صلى الله عليه و سلم) et de ses successeurs.

Il manda donc Zayd et demanda à HafSa, d’envoyer son exemplaire du Coran afin d’en faire des copies, ce qu’elle fit de suite. Othman réunit à cet effet un conseil de Compagnons de Qureych, ces derniers jouissant de l’éloquence la plus probe parmi les tribus arabes. Il leur demanda d’être prudent puisqu’ils entraient dans une phase nouvelle.
Il leur fut demandé également de faire de nombreuses copies du moushaf authentique. Zayd faisait parti de l’assise. Chaque copie effectuée fut épiée, tant l’heure était à la vigilance.
Lors du copiage, toute erreur sur une lettre ou sur une phrase était a priori  possible. Ainsi jusqu’au point de s’assurer que chaque nouvelle copie était conforme à l’originale. Ils disposaient alors de nombreuses copies, en tout cas autant que Othman en avait exigé. Toutes étaient donc issues à la lettre du moushaf initial authentique et infaillible, tel qu’il fut reçu d’entre les mains du Prophète (صلى الله عليه و سلم).
Othman distribua alors ces masahif aux grandes tribus. C’était la troisième phase : faire de nombreuses copies du moushaf initial et les diffuser aux grandes villes (al amsâr) pour que chacune d’elles leur soit un modèle de copie du Coran.
 
  • Une copie fut envoyée à Al Kûfah
  • Une à Al Bosra
  • Une au Châm
  • Une à La Mecque
  • Deux restèrent à Médine
  • Une au commun des Musulmans
  • Une fut gardée dans la demeure de Othman (puisque étant alors le calife)
  • On rapporte qu’une autre fut envoyée au Yémen
  • Une copie à Al Bahreïn (ne désigne pas la petite île connue aujourd’hui sous ce nom mais plutôt la région côtière de la presqu’île arabique, qui correspond aujourd’hui au Koweït, les Emirats, le Qatar…).

Cette phase correspond à une étape dangereuse. Othman demanda aux Musulmans de comparer leurs masahif à la copie conforme qui leur a été envoyée. Gardez ce qui y correspond parfaitement et brûlez ce qui y diffère. Othman voulait rétablir le Texte conforme parmi les Musulmans, retranscrit durant la période sûre .   
Les Musulmans s’exécutèrent et suivirent les ordres du calife. Mais fallait-il, pour certaines personnes, brûler des lettres aussi sacrées ?
Il n’appartient en effet à quiconque de mettre en lambeaux de telles paroles et de les jeter aux ordures…
Ainsi, les Musulmans se sont retrouvés avec des masahif authentiques et les ont décuplés, leur nombre atteignant des millions de copies.

Louanges à ALLAH qui a préservé et sauvegardé l’intégralité du Texte coranique dont les musulmans disposent de millions de copies toutes authentiques ne laissant à personne la possibilité de rajouter ou d’enlever la moindre lettre. D’ailleurs, le soin que la communauté musulmane porte au livre de son Seigneur n’a pas de limites et ceci continue même après la diffusion de ces millions de copies.
Comme le disent nos savants: dans les copies du coran transcrites de façon conforme aux originaux, il y a des mots dont l’écriture est identique à l’écriture courante et d’autres légèrement différents. Cette différence par rapport à l’orthographe courante est due soit à des lettres décomptées soit à des lettres rajoutées qui modifient éventuellement la prononciation des mots. Par exemple, le mot ( ) qui s’écrit avec un "waw"  mais se prononce avec un "alif".   
Afin de cerner cette question, nos savants ont sélectionné dans le Coran tous les mots dont l’écriture est inhabituelle puis élaboré des ouvrages dédiés exclusivement aux exceptions liées à l’écriture dans le Coran. Certains ont classé cela en catégories commençant par la catégorie des mots auxquels il manque la lettre "alif" comme ;; . Dans une autre catégorie, on trouve tous les mots contenant un "alif" supplémentaire comme  , une autre catégorie rassemble les mots coraniques rajoutés de la lettre "waw" tels que  ,  et ainsi de suite ….

Les savants ont réalisé ce travail par crainte des différents risques qui  menacent les copies originales du Coran (qui remontent à l’époque de Othman (رضي الله عنه) tels que la vétusté, l’incendie, la perte ou aussi les ennemis de l’islam. D’ailleurs, certaines copies du Coran dits de Othman (رضي الله عنه) furent égarées par des causes diverses notamment suite à un incendie.

On peut donc se laisser envahir par un sentiment d’impassibilité vis-à-vis de l’authenticité des masahif qui sont à notre disposition aujourd’hui. Nul grief à jurer par Allah que ces derniers sont authentiques, parfaitement identiques à ce qui a été transcrit devant le Prophète (صلى الله عليه و سلم) sans la moindre modification, et le compagnon Othman (رضي الله عنه) n’a en cela rien ajouté. En outre, lorsqu’on parle du « Coran d’Othman » ou du graphisme othmani cela est pure métaphore qui n’a aucune signification propre.

En réalité, le graphisme (caligraphie) othmani renvoie au graphisme auquel Othman a veillé à  l’application scrupuleuse et non à celui qu’aurait inventé Othman !!!

Certains savants ont une conception partisane sur les faits de l’époque mais la vérité est différente avec tout le respect qu’ils méritent.

Othman (رضي الله عنه) n’a fait qu’effectuer le transvasement scripturaire du moushaf d’Abû Bakr. Et quiconque prétend avoir une autre version ramène la preuve de ce qu’il avance.
 
Que la prière et la paix d'Allah soient sur notre prophète bien-aimé et sur les siens.

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Commentaires (1)
1. Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir le 21-05-2010 15:53 - Visiteur
 
 
ce bien
 

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Dernière mise à jour  - 22-03-2009
 
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